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LK de l’hôtel Moscou, entre l’alternatif et la continuité

Photo de l'article : LK de l’hôtel Moscou, entre l’alternatif et la continuité

Écrit le 26 octobre 2020 par JC Germack dans Portraits

Quand on fait de la musique en France, le public et les médias se sentent obligés de vous placer dans une case dans le but de définir votre art. En ce qui concerne le rap, puisque c’est ce qui nous intéresse, cela peut être celle du rap dit conscient ou encore celle du rap hardcore, voire même la très connotée catégorie du rap « commercial ». Et lorsque l’on demande à LK dans quelle catégorie il officie, il choisit alors celle du rap dit « Alternatif ». Suivez-nous à la découverte de ce rappeur « hors normes rapologiques ».

Laurent Kia, puisque c’est son nom, est un artiste qui avance hors des sentiers battus ! Comment pourrait-il en être autrement pour un français bercé par 2 cultures (de mère française et de père chinois) qui a vécu un peu partout en France et qui maintenant est exilé à Londres ? Autant d’influences et de mouvements qui façonnent une personnalité et aident à se forger une identité musicale qui ne ressemble pas à la masse et relativement en marge de ce qu’on peut retrouver dans le rap français depuis 20 ans.

LK a commencé le rap avec son pote, Snuffomov, vers 1997. Ils ont créé ensemble l’entité Hôtel Moscou en 2006. Un nom issu de l’animé Black Lagoon et qui fait référence au nom d’un gang de mercenaires. Plus qu’un groupe, LK définit ce duo comme étant presque une seule et même personne, les 2 acolytes se fréquentant depuis l’école primaire.

S’il écrit des textes et fait de la musique depuis maintenant plus de 2 décennies, il dit lui-même ne s’être vraiment investit dans la musique que depuis 2015 environ. D’une part parce que comme pour tout le monde, la démocratisation d’Internet a facilité sa vie ! En effet, il est bien plus facile de distribuer sa musique via les plateformes lorsque l’on s’autoproduit qu’à l’époque où il fallait faire presser ses CDs et aller les déposer soi-même chez les disquaires. Et d’autre part, car il avoue avoir mis du temps à trouver son style en ce qui concerne l’écriture : pas de vie imaginée de grossiste ou de caïd chez LK, ses textes respirent la sincérité et les « vraies histoires de vie ». Il vous invite à voyager dans l’univers du rappeur qui est aussi producteur.

Courant alternatif

En 2013, un premier EP nous emmène à Vladivostok, alors que son premier album sorti en décembre 2015 nous transporte lui à San Francisco. Un premier album intimiste, personnel, plein de morceaux où chacun pourrait retrouver son quotidien comme sur l’enchaînement Mode avion et Tête en l’air sur lequel ce touche-à-tout nous raconte avec brio la rencontre d’un couple et de la suite, moins enjouée.

Natif de Haute Savoie, il a déménagé une bonne douzaine de fois au minimum, y compris aux États-Unis. C’est d’ailleurs à son retour qu’il a écrit cet album ce qui donne également des featurings avec des artistes américains rencontrés là-bas ou via internet, preuve que l’univers du rappeur est large et sans réelles frontières.

Son deuxième album Xanadu, qui est paru en 2017, est un projet en 4 actes retraçant la vie et surtout la chute dramatique d’un homme travaillant dans la finance. Un album concept magnifiquement écrit et imagé où se succèdent de multiples émotions. Quand on vous dit que LK sait vous emmener dans son univers, en voici la preuve. Un univers musical riche donc, ce qui l’a amené à collaborer avec des artistes difficiles à classer eux aussi tel que SameerAhmad ou Nikkfurie de La Caution. Des collaborations qu’il espère renouveler prochainement, ces artistes tendant à pratiquer la musique avec la même vision que lui.

Production continue

La moitié de l’hôtel Moscou profite ; comme dit plus haut, beaucoup d’internet pour distribuer sa musique via les plateformes classiques mais aussi sur Bandcamp sur laquelle vous pouvez retrouver tous ses projets. On dénombre en effet pas moins de 4 projets depuis début 2019 en collaboration avec divers artistes tel que Frencizzle ou Yuri J. Des collaborations diverses qui permettent encore d’élargir son spectre musical et de se mesurer à l’exigence de ses acolytes comme sur Elephant and Castle et sa pochette qui rappelle l’époque No Limit Records.

C’est a priori loin d’être un frein pour cet amoureux de musique qui continue de nous abreuver régulièrement alors que de son propre aveu, il ne vit pas de la musique puisque ses gains sont à chaque fois réinvestit dans la production du projet suivant. Une productivité qui va forcément de pair avec une créativité débordante chez un artiste qui ne se fixe pas de barrière. Alors que son projet Entropie en collaboration avec Yuri J est sorti en Juillet, il s’est déjà lancé dans la refonte de son album San Francisco pour lequel il a reposé toutes les voix afin de nous proposer ce projet avec un mix beaucoup plus propre. Encore une preuve de son exigence !

Si vous vous voulez vous rendre compte par vous-même de ce que l’on peut appeler du rap alternatif, écouter un rappeur qui a de vrais concepts, je ne saurais que trop vous conseiller d’aller tendre une oreille à l’ensemble des projets de LK ! Nul doute que ça procurera un immense plaisir à ce passionné de musique que vous alliez vous perdre dans son univers.

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