Le supportérisme dans le rap en 5 titres

Après l’annonce du projet Classico Organisé, faisant écho à la rivalité entre les villes de Marseille et de Paris et plus précisément leur club de football, il semble intéressant de revenir sur la façon dont le rap parle de supportérisme, notamment à travers cette rivalité, mais pas que.

Cet article ne traitera pas des titres de rap, réalisés par des supporters de club à travers la France, le boulot a déjà été magnifique réalisé chez So Foot ( on y retrouve même une apparition de Morsay). Il s’agit plutôt de parler de quelques titres marquant sur le supportérisme.

Le supportérisme définit l’action de supporter, dans notre cas, un club de sport et bien souvent en France, de football. Et qui dit football, dit Classico. Le projet lancé par Jul, n’aurait certainement pas été possible il y a encore 10 ou 15 ans mais la rivalité entre les deux clubs s’est quelque peu estompée et le public, qui aurait pu voir un tel projet d’un mauvais oeil à l’époque, est prêt à l’accueillir aujourd’hui.

La place du football et de ce Classico dans le rap français est immense et les rappeurs ne cachent que très rarement leur amour pour leur club de cœur, qui se traduit forcément par une grande identification à la ville qui y est liée. 

Voici donc une sélection de titres réalisés par des rappeurs, en hommage à leur club de cœur. Deux parisiens, des tonnes de marseillais, et une surprise, le 7Classico est lancé, coup d’envoi.

IAM – Le Feu

C’est IAM qui ouvre le bal en 1993 avec le titre Le Feu qui reprend le célèbre “Ce soir on vous met le feu”, chanté dans les tribunes du Vélodrome et dont l’origine vous est expliqué en détail par Captain Nemo ici. Tout au long du titre on retrouve des références à l’OM de l’époque et à l’appartenance au peuple marseillais. C’est d’ailleurs l’un des premiers titres du rap français avec une telle résonance qui traite de football. Il marque donc le début d’une très belle histoire d’amour entre les deux mondes. 

Lisible selon différents prismes, le titre sort quelques mois après la victoire des sudistes en Ligue des Champions. C’est autre chose que Vegedream, mais les marseillais en ont fait un réel hymne à l’époque.

ROHFF – PARIS

En parlant d’hymne, ce titre est bien plus explicite et c’est Rohff, qui, en 2008, nous offre son ode à la Ville lumière et à son club : le PSG. En effet, Rohff ne se cache pas, les bordures hautes et basses du clip sont ornées aux couleurs du club, différents chants de supporters font partie du titre et Rohff scande fièrement “On supportera le PSG même relégué !”, ce qu’il n’a pas encore eu besoin de faire, puisque ce n’est jamais arrivé.

Ce titre a une place bien spéciale chez les supporters parisiens, en témoignent certaines réactions suite à la récente polémique concernant la musique d’entrée au Parc des Princes :

Jazzy Bazz – Ultra Parisien

Dans la même veine et un poil plus politique, Jazzy Bazz nous a livré un manifeste pour la libération des Ultras Parisiens en 2016. En effet, suite au plan Leproux, mis en place à l’été 2010, visant à “pacifier” le Parc des Princes et ses abords, les Ultras ont disparu des travées du stade. Jazzy Bazz revient donc sur son passé d’Ultra et la façon dont il a adhéré à une association de supporters et est tombé amoureux du PSG. Il explique aussi les divergences entre groupes Ultras. D’un côté, les supporters de la tribune Auteuil, de l’autre, ceux de la tribune Boulogne. L’histoire de cette dernière est grandement entachée par un lien fort avec l’extrême droite. Par le passé, des saluts nazis ont pu y être aperçus et avant le plan Leproux, de nombreux comportements racistes et xénophobes ont été observés, envers les supporters d’Auteuil notamment. Cela explique pourquoi Jazzy Bazz parle d’une “guerre entre Auteuil, Boulogne et ses indépendants”. Ces groupes existent toujours mais ont difficilement accès aux travées du Parc.

Récits touchants d’une histoire personnelle et collective, Ultra Parisien conte à la fois l’amour pour un club, le drame de ses conflits internes, la possibilité d’être en total désaccord avec la direction du club que l’on supporte et le manque de liberté pour les Ultras. Ces derniers, du côté d’Auteuil, sont revenus quelques temps après et progressivement au Parc des Princes, l’ambiance est à nouveau au rendez-vous et la place de l’extrême droite au PSG a été grandement réduite. 

Ce titre est également un manifeste pour les libertés de l’ensemble des ultras de France, qui se voient fréquemment interdits de déplacement par exemple.

13 Organisé – L’étoile sur le maillot

Issu du projet 13Organisé, auquel fait échos Classico Organisé, L’étoile sur le maillot est LE titre qui traite de l’OM sur le projet. Si l’ensemble est un posse cut géant mettant Marseille à l’honneur, celui-ci prend la plus grande fierté de la ville et du club : la victoire en Ligue des Champions, et la met en avant. Les étoiles ne sont pas que sur le maillot puisque l’on y retrouve notamment Alonzo, le Rat Luciano, SCH et Jul. Le son en soit ne parle pas tant de l’OM mais rien que le titre permet de comprendre la fierté que cela procure pour l’ensemble du peuple marseillais. Signe de réussite, de supériorité et de victoire, le titre n’a pas besoin de traiter explicitement de football pour imposer ces idées. On y retrouve l’idée que la ville est intrinsèquement liée au club de foot, l’étoile n’est pas sur le maillot de l’OM mais sur celui de Marseille ! Cela se retrouve dans l’ensemble du projet, entre Je suis Marseille, Bande Organisée ou 13 Organisé. Le fait de créer un Classico Organisé va nous permettre de voir se jouer la rivalité territoriale et footballistique le temps de l’écoute et cela risque d’être très intéressant, surtout si les rappeurs le prenne comme une réelle compétition !

Macklemore – My oh my

Pour finir et comme il n’y a pas que le football qui possède des supporters passionnés, on voyage outre-atlantique. Quoique l’on pense de Macklemore et de sa carrière (qu’il doit à 90% à Ryan Lewis), il est l’auteur de ce très beau titre dans lequel il développe son histoire avec les Mariners de Seattle, l’équipe de baseball de sa ville. Le titre My oh My est un hommage au commentateur historique des matchs des Mariners. Décédé en 2010, Dave Niehaus, par la passion qu’il mettait dans ses commentaires, a réussi à transmettre cela à Macklemore, qui vraisemblablement est un réel fan des Marines. “My oh My”, c’est l’une des expressions que Dave Niehaus sortait souvent et qu’il a notamment utilisé lorsque l’équipe de Seattle ont réussi à se qualifier à l’American League Championship. 

Le titre est donc à la fois un hommage pour un homme qui marqué l’histoire de la franchise et un hommage aux Seattle Mariners, club dont Macklemore est tombé amoureux en partie grâce à Dave Niehaus.

J'ai sappé ma plume en Versace

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