Leto, larguez les amarres

Après les deux mixtapes TRAP$TAR et TRAP$TAR 2 sorties respectivement en 2018 et 2019, ponctuées par la compilation Double Bang, ayant connues un joli succès d’estime et propulsées Leto un peu plus sur le devant de la scène rap française, le rappeur du 17ème revient avec son tout premier album, 100 Visages.

TRAP$TAR 1 et 2 annonçaient de bien belles choses pour le rappeur parisien. Deux mixtapes dans lesquelles le capitaine nous avait délivré des flows et une énergie, entre mélancolie, amour, et rain-té, dignes des grands noms de la trap à l’image de morceaux comme Trapstar, A&H ou encore TerrainHoraireBoloss. Alors donc, l’attente autour du projet se faisait longue.

Mis en avant par une pochette littéralement glaçante, le jeune rappeur signé chez Rec. 118 nous a délivré son tout premier album ce 28 Août 2020.
Si kickage et performance auraient pu définir le projet de Leto, la réalité semble tout autre du côté des auditeurs, déçus pour une bonne partie, de la prestation du rappeur. Et en effet, pour ce tout premier album, Leto semble un peu trop facile et dans sa routine habituelle malgré la force de certains morceaux.

Introduit par le morceau éponyme du projet, on y retrouve un Leto mélancolique et éloquent. Il traite de sa jeunesse en bas de sa tour et le quartier de Saint-Ouen est imagé sur la pochette qui orne le projet. Un refrain dans lequel le rookie prend sa voix presque aiguë déjà connue et appréciée du public, mais qui semble, justement, trop entendue.

Le morceau suivant, Tristesse, vient contrebalancer cette mélancolie abordée au début pour laisser place à un Leto hargneux et déterminé dans sa manière de poser et dans ses lyrics de personal trainer. 

Chez nous, y’a aucun héritage, nos daronnes montent à pied les cinq étages (han)
Ici, on n’connaît pas la chance, charbonne dur pour que tout s’arrange

Leto – Tristesse

Une production rythmée et envoûtante sous la baguette d’un certain Damso (pas le rappeur belge, non),  qui vient faire corps avec les flows de Leto, à l’aise sur ce type de production et dans son élément.

En feat avec Booba, Niska, Lacrim, Ninho ou encore Soolking, Leto a fait fort en invitant des grosses têtes du milieu, mais tout ne s’est pas traduit comme escompté pour les auditeurs.

Déçus par la collaboration avec le Duc de Boulogne, attendant plus qu’un simple morceau dans la facilité notamment pour Booba. Heureusement, le feat avec Ninho est venu redresser la barre, tel un amiral. On les avait déjà vu performer ensemble sur TRAP$TAR 2 avec le tube Tes parents et Avon Barksdale sur TRAP$TAR premier du nom. 

Soolking vient également faire bonne figure sur le projet avec sa voix si particulière et son timbre de voix bien porté par une production guitarisée comme il les aime. 

Mon cœur, mon sourire, j’ai trop d’problèmes à résoudre
J’crois qu’j’ai trop d’poids sur mes épaules

Leto – Le Nord

Si Leto semble donc facile et trop dans sa zone de confort sur son premier album aux premiers abords, des morceaux ressortent du projet tant dans les lyrics que dans le delivery mélancolique et touchant. Avec par exemple le morceau Le Nord en fermeture du projet, dans lequel Leto performe sur un piano-voix, prenant des risques, à un pas de la variété française. Plus introspectif et personnel sur ce morceau, il parle notamment de la pression qu’il peut ressentir mais qu’il cache afin de faire tourner son business.

Il faudra plus que ça pour m’tuer, j’ai connu l’pire donc la vie continue
Il vaut mieux cacher tout c’que tu ressens

Leto – Le Nord

Après Mélodie, un titre bien plus posé et mélodieux pour Leto, qui vient s’essayer à des hauteurs de voix assez marquantes, le titre Nicki, lui, vient résonner dans nos oreilles. Avec une très bonne prestation de Leto qui déborde d’énergie, qui vient rappeler l’ère de TRAP$TAR, sur une production frappante et faite sur mesure par Guilty et Enigma.

En bref, après deux mixtapes bien amenées par le prodige de la trap, Leto nous propose un projet trop conforme à ce qui se fait déjà en 2020, ce qui peut rendre le projet fade et lassant au bout de quelques écoutes. 100 Visages sombre donc entre bons morceaux et titres faciles, se faisant remplacer par des projets plus intéressants et marquants, rendant le projet générique pour son temps. Mauvaise pêche pour notre capitaine national qui devra confirmer lors de son second projet.

Pour citer Mac Miller : « My life is on these words, this is my affidavit ». Autrement dit, le Hip-hop c’est un peu ma vie.

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