Rencontre avec Baby Neelou

Salut Neelou, comment tu vas? Merci d’être la et d’avoir répondu présent! Pour commencer directement, est ce que tu pourrais te présenter, d’ou tu viens, comment ta commencer le rap etc?

Neelou : Salut ! Pour me présenter, je suis un rappeur de 19 ans. Je vis entre Bordeaux et le pays basque. Et le rap pour moi, ça a commencé il y a environ 3 ans, même si j’en écoute depuis plus longtemps. Je me suis lancé après avoir découvert la génération US de 2016. C’est vraiment à ce moment là que je me suis dit que tout était permis et que je pouvais moi même apporter mon style. J’ai commencé en solo mais souvent accompagné de mes gars Bud et Dooky. On a acheté un micro à 30 balles et on a commencé à drop sur soundcloud (une dizaine de morceaux qui sont aujourd’hui tous supprimés).

Le 24 Février 2019 t’as sortis ton premier son officiel avec un clip qui s’appelle Mon Bike , dans lequel on aperçoit la ville ou tu vis, Biarritz. Je voulais savoir comment et si cette ville pouvait t’inspirer jour après jour? Par sa vibe, la façon de vivre qui est très différente des grandes villes de France. 

Neelou : Biarritz c’est une très belle ville, que j’aime beaucoup mais je ne peux pas dire qu’elle m’inspire majoritairement. J’y habite depuis pas mal de temps et il y a un gros manque de diversité. C’est aussi connu comme étant une ville « de riche » et la différence avec les autres on la ressent rapidement. J’ai pris pas mal de temps à m’intégrer réellement. Mais aujourd’hui j’ai une équipe de G que j’aime et qui me sont fidèles. Shoutout à SBNFL !


Avec ton freestyle PDF t’es venu avec une proposition très trap et j’irai même jusqu’a dire drill de Chicago, qui détonne aujourd’hui du reste de tes morceaux. On sent que t’es assez frivole dans tes choix de prods et de rap, tu peux nous parler de tes inspirations et tes influences dans la musique ?

Neelou : Oui, c’est vrai que d’un son à l’autre tout à changé. Déjà, j’ai fais ça parce que j’en avais envie mais aussi pour prévenir que je ne m’enfermerai jamais dans une case avec un style bien défini et répétitif. J’aime vraiment le rap et poser sur toutes sortes de prods allant du boom bap a la trap, même si j’ai quand même un style qui ressort le plus souvent. 

Au niveau de mes influences, c’est une question assez difficile pour moi puisque j’écoute vraiment pas mal d’artistes. Mais si je devais en citer quelques-uns, ce seraient majoritairement les artistes de la plug wave (Playboii Carti, Diego Money, D Savage, Famous Dex et bien d’autres…). Mais à part ça, mes flows me sont venus très naturellement depuis le départ, même s’ils ont évolués depuis le premier morceaux.

Ça marche! On t’as aussi vu apparaitre sur l’album de DJ Wall, sur le son Planete Bleue Pt.1, le producteur, ingénieur son d’à peu pres tout le monde sur la Côte Basque, tu peux nous parler un peu plus de la connexion et comment ça s’est enclenché?

Neelou : Dj Wall, c’est la première personne qui a su m’offrir une bonne qualité audio et ça a tout de suite fait la différence. C’est un ingé son qui met toujours le taff sur mes morceaux donc c’était normal que j’accepte son invitation sur le projet.

D’ailleurs, je n’ai pas forcément de stratégie pour gagner en exposition. Je me contente de travailler sur mes sons et les partager en espérant gagner en reconnaissance petit à petit. Si j’aime un projet, c’est avec plaisir que j’y participe mais je ne calcule pas grand chose pour l’instant.


T’as sorti très récemment ton morceau Baggy Jean, dirigé d’ailleurs par le très bon 2xvroum, et Zero dirigé par Lonny, c’est important pour toi de travailler avec des personnes proches de toi? Comme PDF 1 aussi produit par Raya un gars à toi si je me trompe pas.

Neelou : Gros big up à Vroum pour commencer, parce qu’on s’est directement fait confiance dès le premier son, et il fait un job de fou sur chaque clip. Ensuite Big up à Melmer qui shoot tout à la caméra. C’est une fusion parfaite et qui ne bougera pas pour l’instant. Et pour répondre à ta question : oui, c’est important pour moi d’avoir de vrais slimes pour faire le taff, parce-que je ne suis pas quelqu’un qui s’ouvre facilement aux gens. J’ai un petit entourage et je ne me sens réellement bien qu’avec celui-ci. Et quand on commence à se connaître, tout est plus fluide. C’est le cas avec Vroum et Melmer, mais aussi avec Raya (producteur) que je connais depuis pas mal de temps. Lonny, pour le coup, c’est un vrai ami avant quoi que ce soit d’autre. En tout cas je conseille très fortement de le suivre parce-que je le vois évoluer à une vitesse de fou.

La passe D est lancée en tout cas. J’ai pas trop envie de généraliser mais tu as des visuels très tiré US, Playboi Carti, un peu crado, notamment dans les prods, c’est quelque chose qui est voulu de ta part ce lien avec les US ? je crois que t’es né à L.A si je me trompe pas, est-ce que du coup t’as été influencé par toute cette région ?

Neelou : Pour rentrer dans les détails, c’est vrai que je suis aussi influencé par les US visuellement parlant. J’aime beaucoup les clips de Lonewolf ou Louieknows pour ne citer qu’eux. Musicalement parlant, c’est vrai que je suis un gros fan de Playboi Carti depuis pas mal de temps et que son travail avec P’ierre Bourne et Mexikodro m’a beaucoup influencé dans le choix de mes prods.

Je ne suis pas né à L.A mais j’y ai habité quelques années. C’est une ville que j’aime particulièrement mais pour l’instant, je ne puise pas vraiment mes inspirations de là bas puisque la scène trap n’est pas autant développée qu’à Atlanta ou Chicago par exemple. Cependant, j’aime beaucoup ce qui a pu se faire dans les années 90-2000.

Homme de goût en tout état de cause! On te voit souvent aux côtés de Trankil Trankil, un rappeur de Biarritz également qu’on a pu apercevoir sur le dernier disque de Grems, est ce que c’est quelqu’un qui t’aides dans ta musique et de qui t’es proche ? 

Neelou : Trankil Trankil c’est un bon ami à moi maintenant. On n’a pas forcément le même style de rap mais je respecte totalement ce qu’il fait et vice-versa. Je trouve qu’il a vraiment beaucoup de talent et j’espère qu’il aura l’occasion de représenter la région à l’échelle nationale. C’est pas quelqu’un qui m’aide vraiment artistiquement parlant, cependant il me fait découvrir beaucoup de choses puisque c’est un vrai passionné. Ce n’est que récemment que j’ai commencé à découvrir les « classiques » français puisque je n’avais pratiquement jamais écouté de rap français dans le passé. Et Trankil Trankil participe un peu à mon éducation sur le sujet.


S/o à lui d’ailleurs! Pour l’instant t’as officiellement seulement 5 sons, tu peux nous en dire un peu plus sur la suite, un potentiel projet, mixtape, ou encore des sons avant un album? Comme tu le dis sur Mon Bike t’es pointu sur la qualité, est-ce que tu mets du temps a sortir les choses ?

Neelou : Comme je disais, j’ai commencé le son sur le cloud. Mais j’ai tout supprimé puisque je n’étais pas satisfait de mes premiers sons. J’ai donc tout repris à zero et pour l’instant je n’ai que 5 sons. Je suis d’abord très pointu sur la qualité comme je le dis dans mon bike. Je ne suis pas vraiment un perfectionniste dans la vie de tout les jours, cependant, musicalement j’aime quand les choses sont bien faites. 

Je prépare actuellement une mixtape mais ce deuxième confinement a ralenti le processus puisque je n’ai pas accès à mon studio habituel. Je compte donc drop quelques morceaux enregistrés au 777 club (le studio qu’un G a moi vient d’ouvrir) avant de sortir le projet. 

Ça roule! On va suivre ça de près en tout cas, merci à toi encore pour ton temps et force à toi et tes g’s pour la suite.

Neelou : Merci!

Pour citer Mac Miller : « My life is on these words, this is my affidavit ». Autrement dit, le Hip-hop c’est un peu ma vie.
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