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Quelle place pour les jeunes artistes ?

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Écrit le 14 mai 2019 par Nina dans Dossiers

Après avoir connu des années difficiles, pendant lesquelles les rappeurs devaient remuer ciel et terre pour être reconnus, on entre aujourd’hui dans une période fructueuse pour la scène rap en France.

Les rappeurs se multiplient et la concurrence se fait rude. Se faire remarquer en tant que petit artiste au milieu de ceux bien installés devient donc une chose de plus en plus difficile à réaliser. En plus des rappeurs, les beatmakers, ou encore les topliners, arrivent également à se faire un nom et ainsi être reconnus comme des artistes à part entière.

Pour leur venir en aide: médias, acteurs majeurs de l’industrie du rap, et artistes eux-mêmes s’investissent pour faire valoir les talents de chacun, ou presque.

Les médias

Booska-P

À sa naissance en 2005, Booska-P portait déjà le slogan « Toujours à la recherche de l’inédit ». La volonté d’aller chercher de nouveaux talents, de les accompagner et de les exposer in fine au grand public était à l’époque déjà présente. Cette volonté avait même été accentuée par la fameuse Booska-Tape : une compilation rassemblant les étoiles montantes du rap français, avec notamment Sadek, Sofiane, Guizmo, Sexion d’Assaut ou encore Niro, qui ont chacun pu profiter d’une exposition plus ou moins importante par la suite. Fif Tobossi explique d’ailleurs dans le « Fif stories – Épisode #4 : Booska Tape » la réalisation compliquée qu’a été cette compilation.

Aujourd’hui et depuis quelques années, ce même média propose à la place le format « Les 11 rappeurs à suivre en 20XX ». Faire partie de cette liste revient à bénéficier d’une mise en lumière majeure pour un artiste.

Cul7ure X Groover

Comme vous devez le savoir, nous nous sommes lancés début octobre sur la plateforme Groover. Cette plateforme permet aux jeunes artistes musicaux (tous genres confondus) d’envoyer leurs projets/morceaux à des médias ou labels qui promettent de les écouter et de leur donner un avis d’expert. En intégrant cette plateforme, Cul7ure rejoint la liste des acteurs souhaitant participer à l’évolution et au développement du rap français.

En plus de donner un avis constructif, nous proposons désormais de partager sur notre compte Twitter les artistes qui se démarquent. Alors n’attendez plus et faites-nous profiter de vos chefs-d’oeuvre.

Les freestyles et les interviews

Les freestyles sont des formats incontournables qui ont justement pour but de mettre en avant les réelles performances d’un artiste. Au-delà du côté compétitif, cela reste aussi un moyen pour les jeunes artistes de montrer leurs talents et de faire parler d’eux.) Par exemple, les freestyles Ténébreux de Koba la D l’ont finalement propulsé sur le devant de la scène. On voit d’ailleurs dans l’un de ces freestyles la signature de Koba la D chez le label Def Jam France.

Désormais, les freestyles sont aussi des formats utilisés par les médias tels que OKLM, Skyrock, Booska-P, Rapelite (et bientôt Cul7ure..). Et ceci dans le même but : faire parler de l’artiste. Produits par des médias reconnus et souvent clippés, ces freestyles ont aujourd’hui pris une tournure prestigieuse.

Concernant les interviews, le média OKLM produit de nombreuses interviews dans l’émission La Sauce, animée par Mehdi Maïzi. Par exemple, l’émission a reçu fin janvier le duo F430 originaire des Tarterêts, relativement peu connu du public au moment de la sortie du projet.

Les interviews sont aussi les formats qui ont permis aux beatmakers de s’installer dans le paysage des artistes musicaux français. De nombreux médias en font, mais c’est principalement Mouv’, chaîne de radio publique, qui a jusqu’ici interviewé plus d’une dizaine de beatmakers à l’origine des plus grands tubes sortis ces dernières années. Des médias tels que OKLM, Booska-P ou encore Yard ont aussi participé à la promotion de ces artistes de l’ombre à travers des interviews.

Les acteurs majeurs de la scène rap

Deezer

Le 16 avril 2019, la plateforme de streaming a dévoilé une nouvelle playlist intitulée La Relève. Portée par l’animateur Mehdi Maïzi, cette playlist produite par Deezer a clairement pour but de révéler des artistes talentueux dôtés d’une reconnaissance relative.  Avec une communication forte développée par la plateforme (panneaux d’affichage, relais sur les réseaux sociaux et même une release party), les artistes présents dans cette playlist sont assurés de bénéficier d’une exposition conséquente auprès du public.

Le teaser de ce projet finit d’ailleurs par « Tu veux faire partie du jetpro ? ». Comme si Deezer voulait dire à son audience qu’elle attend encore de nouveaux talents pour remplir la playlist.

Les labels

Les labels, pendant longtemps restés inconnus du grand public, sont aujourd’hui de plus en plus actifs sur les réseaux sociaux. Ils ont tous leurs comptes Instagram, même parfois Twitter et utilisent leurs profils pour mettre en avant leurs artistes respectifs. Par exemple, ils n’hésitent pas à communiquer à chaque nouvelle signature pour montrer leur expansion et utiliser les artistes comme des trophées (dans le bon sens du terme). Ainsi, le label assure le ou la jeune artiste d’avoir toutes les chances de son côté dès le début de leur contrat. Il y a quelques semaines, Def Jam communiquait sur leur dernière signature : KRK, rappeur originaire de Bobigny.

Il existe aussi de plus petits labels comme LDS Production, où est signé Maes, qui eux aussi tentent de mettre en avant leurs artistes à travers les réseaux sociaux. Ils ont d’ailleurs récemment poussé la jeune artiste Shasha, elle aussi signée chez eux. LDS met aussi en avant des artistes qui ne sont pas signés chez eux, comme le rappeur MAARS, signé chez DCAD Music, et qui vient récemment de sortir le clip Tupac.

En plus des réseaux sociaux, les labels utilisent aussi des moyens plus massifs et plus coûteux pour promouvoir leurs artistes ; comme par exemple avec Ninho.

C’est justement grâce à de telles opérations que le Rap est devenue une telle industrie au sein de la musique.

Concernant les beatmakers, ceux-ci sont aussi mis en avant par les labels qui décident de leur apporter une plus grande place sur la tracklist (pendant la promotion et sur la version physique). On a pu voir récemment le groupe 13 Block dévoiler chaque jour 1 titre de leur nouvel album BLO en mentionnant de manière évidente les beatmakers présents sur le projet.

Les artistes eux-mêmes

Si on parle d’artistes bien installés qui poussent les jeunes artistes, on ne peut pas passer à côté de Booba. Booba est connu comme étant un des artistes qui promeut ou qui collabore le plus avec les jeunes artistes (mais on pourrait aussi citer Jul ou encore Ninho). C’est aussi dans la même vocation qu’il a créé le média OKLM. Ainsi, Niska, Gradur, Maes ou encore plus récemment Dixon, ont pu profiter de sa notoriété pour s’installer dans la musique urbaine. Aujourd’hui, ces artistes ont leur identité à part entière et sont tout à fait dans la capacité de se développer par leurs propres moyens.

À ce jour, on peut être sûr que chaque artiste sur le devant de la scène rap a déjà encouragé un ou plusieurs petits artistes. Ce geste de pure solidarité est presque devenu une tradition dans le rap français.

Les raisons (théoriques) d’un tel soutien

Après avoir vu qui sont les acteurs qui participent à la mise en avant des jeunes artistes, on peut alors se poser la question : Pourquoi ? Pourquoi ces acteurs mettent autant d’efforts à promouvoir ces jeunes artistes ? Pour des raisons économiques ? Avoir la prétention d’être celui qui a repéré ce jeune talent qui est par la suite devenu la « rockstar » du moment ? Peut-être. Mais en cherchant plus loin, on se rend compte que cette pratique vient aussi d’une réelle volonté de créer une solidarité dans le rap français, celui-ci ayant été pendant longtemps écarté des médias. Écarté des médias et de la scène publique de manière générale pendant des années, le rap veut aujourd’hui « se venger ». Un phénomène de solidarité, réel, est alors né.

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