Cul7ure

Rechercher

Conway the Machine - From King To A GOD

Photo de l'article : Conway the Machine - From King To A GOD

Écrit le 14 octobre 2020 par Caine dans Chroniques d'album

Plus tôt cette année

Après nous avoir offert deux projets plus tôt cette année LULU et No One Mourns the Wicked, respectivement avec The Alchemist et Big Ghost Ltd, Conway the Machine nous délivre enfin son premier album officiel intitulé From King To A GOD. Il est un quart du groupe de Buffalo, New York : Griselda constitué de lui-même, Benny the Butcher (son cousin), Westside Gunn (son frère) et Daringer, le producteur attitré. Ils sont surtout connus pour être des rappeurs très prolifique (8 projets à eux trois en 2019 dont le projet de groupe WWCD sortie sur Shady Records) et hardcore rappelant le New York des années 90. Leur style est assez similaire entre les trois MC mais nous pouvons tout de même les distinguer. Benny est globalement le meilleur rappeur, Westside est le plus stylé et Conway est le champion poids lourd en termes de bars. Il est aussi facilement reconnaissable dû à sa paralysie de Bell. C’est une paralysie de toute une partie du visage, la bouche incluse. Cette paralysie lui est survenue après s’être fait toucher à la tête et à la nuque par des coups de feu. Ayant donc maintenant une bouche à moitié paralysé, ses paroles et sa voix s’en retrouve déformés.

Ses projets sont souvent très appréciés par ses fans mais le même reproche venait lorsqu’on en parlait : les projets sont trop courts et surtout, qui est Conway ? En effet, le rappeur parle beaucoup de son quotidien de dope dealer et shooter de Buffalo mais il n’est pas très introspectif ou en tout cas très peu.  Il a pu faire des morceaux intégralement introspectifs tout comme The Cow présent sur Hitler Wears Hermes 4 de Westside Gunn. Son couplet sur le morceau Babies & Fools de Freddie Gibbs et The Alchemist sortit plus tôt cette année, nous montrait un Conway plus vulnérable qui exprimait ses regrets en particulier sur sa relation avec ses enfants et la mère de ces derniers. On pouvait donc imaginer qu’il se dirigerait vers ça dans ses prochains projets. Nous allons donc voir ensemble si le premier album rappeur de Buffalo vaut ses projets précédents et si une quelconque progression a été faites. 

Conway the Machine 2.0

« Généralement, quand je crée un album, j’ai tendance à me concentrer sur le fait d’être le meilleur rappeur et d’avoir les meilleurs bars. Avec From King to a GOD, je voulais montrer à quel point j’ai grandi en tant qu’artiste et en tant qu’homme. » Voilà ce qu’a déclaré Conway quant au processus créatif et à la mentalité pendant la création de ce projet.

Alors pour d’ores et déjà répondre à la question, oui ! Il y a clairement eu une évolution de la part du rappeur et on peut voir ça avant même d’écouter l’album. En effet, la cover ressemble à celle d’un autre de ses projets que ses fans apprécient particulièrement : Reject 2. Sur les deux covers on retrouve le MC de dos mais là où les deux images diffèrent c’est que dans Reject 2, Conway était torse nu, laissant ainsi visible les impacts de balles sur sa nuque et sa tête. Sur la cover de From King To A GOD, il est aussi de dos mais cette fois avec un haut noir et une grosse chaîne en or, cachant ainsi les cicatrices de balles. Il porte aussi des lunettes de soleil et enfin une couronne avec les initiales du titre de l’album : FKTG. Comme un symbole permettant de dire que c’est un homme nouveau et que les cicatrices de son passé ne définissent plus qui il est. Il est en phase de passé au stade au-dessus du roi, un dieu. 

L’évolution se fait aussi au niveau du tracklisting. Conway n’est pas du genre à s’entourer de beaucoup de featuring dans ses projets hormis ses collègues de Griselda. Ici nous retrouvons Method Man, Flee Lord, Havoc, Lloyd Banks, Freddie Gibbs, la dernière signature de Griselda : Armani Ceasar et bien entendu la famille : Benny the Butcher et Westside Gunn. En termes de production les choses changent aussi. Nous sommes habitués à voir Daringer, le producteur attitré de Griselda, sur la quasi-totalité du projet. Mais ici, les pistes sont partagées avec d’autres producteurs de renom. Nous pouvons retrouver Havoc, Erick Sermon, DJ Premier ou Beat Butcha un autre habitué du crew. 

Quant à l’album lui-même, il contient 14 titres dont deux interludes du mentor de Griselda et légende de Buffalo : DJ Shay. Ce dernier est mort récemment suite au COVID-19 et cela a beaucoup affecté Conway au point d’ajouter des interludes à son album. Pour parler enfin de la musique, cet album est loin d’être mon album préféré de Conway. Cependant, il s’agit sûrement de l’album le mieux construit et réussi de sa carrière voire même de la discographie du label. En effet, le fait d’avoir fait intervenir d’autres producteurs que Daringer a permis à Conway de sortir de sa zone de confort et donc de tenter de nouvelles choses comme sur mon titre préféré Seen Everything But Jesus avec Freddie Gibbs où l’on peut entendre Conway chanter au refrain ! Le résultat divise beaucoup mais personnellement il me plaît énormément.

Les basses des prods sont assez inspiré rock surtout sur les deux premiers titres de l’album où l’on retrouve Dej Loaf pour un refrain chanté. Les morceaux Lemon avec un excellent Method Man et Juvenile Hell – référence directe au titre du premier album officiel de Mobb Deep – qui réunit Havoc, Flee Lord et Lloyd Banks ne retiennent pas spécialement mon attention surtout dû à des prods peu intéressantes. Mon deuxième morceau préféré est sans doute Dough & Damani. La première partie du morceau est produite par The Alchemist et la seconde par Daringer. C’est cette deuxième partie qui est la plus importante car il s’agit d’un hommage envers son ami décédé : Damani. C’est donc un Conway vulnérable sur cette partie du titre. Chose que beaucoup d’entre nous attendaient. Il fera aussi le tire Forever Droppin Tears où il s’exprime sur la mort de ce Damani et celles de tous ces proches et quel point elles l’ont affecté.  Dans le deuxième couplet de Front Lines on peut aussi entendre le rappeur s’exprimer sur les violences policières, plus précisément sur le cas George Floyd.

« I just seen a video on the news I couldn’t believe (Nah)
Another racist cop kill a nigga and get to leave (Again?)
He screamin’, « I can’t breathe », cop ignorin’ all his pleas
Hands in his pocket, leanin’ on his neck with his knees (Psh) »

L’album est solide, des titres forts en émotion s’en dégage ce qui n’est pas l’accoutumé de Conway et qui apporte un second souffle à la carrière de l’artiste. Même s’il s’agit de son premier album, ce n’est pas encore son premier album chez Shady Records qui devrait s’intituler God Don’t Make Mistakes. D’ici là, nous comptons sur le MC de Buffalo pour continuer de fournir de la bonne musique à son habitude et celle de son label. 

Derniers articles

Image de l'article Loveni, libre comme la nuit

Loveni, le plus digne représentant de la philosophie Bon Gamin, celui qui ride sans permis, nous emmène faire un tour dans Le piège en nous incrustant, à travers sa musique,…

Publié le 20 octobre 2020 par dans

Image de l'article 5 albums pour l'hiver

L’hiver approche à grand pas. C’est le moment d’enfiler ta meilleure polaire North Face pour sortir, ou pour te mettre sous ta couette après avoir allumé tes bougies parfumées et…

Publié le 19 octobre 2020 par dans