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Interview d'Hippocampe Fou

Photo de l'article : Interview d'Hippocampe Fou

Écrit le 21 mai 2018 par Amélien dans Interviews

L’artiste Hippocampe Fou a sorti le projet Terminus le 9 mars 2018, pour l’occasion nous l’avons interrogé sur ses inspirations, sur cet album, sur son avenir. 

Cul7ure : Nouveau projet, c’est la fin d’une trilogie comme tu l’avais souligné dans un post, dans quel état d’esprit te sens-tu après sa sortie?

Hippocampe Fou : Je me sens serein, heureux d’avoir partagé ces nouveaux morceaux et des retours ultra positifs du public vis-à-vis de l’album et du show qui l’accompagne.

Cul7ure : Sur tes albums précédents, il fallait attendre le dernier titre de tes projets pour t’entendre très sérieux, d’où t’es venue cette volonté de te mettre plus à nu ?

Hippo : Je me suis rendu compte que je ressentais une émotion plus forte sur scène lorsque je me livrais plus, j’avais des frissons, voire la gorge nouée parfois en interprétant Las Estrellas ou Arbuste généalogique. J’ai eu envie de me lancer dans un album plus sincère, moins fantaisiste, et cela collait parfaitement à cette idée de terrier, lieu dans lequel allait se dérouler l’album. Je souhaitais partir de moi, qu’il n’y ait qu’un point de vue, le mien, en espérant que le public se reconnaisse dans ces morceaux plus introspectifs.

Cul7ure : Dans Underground, tu disais « Quand je balance un clip, j’attends le buzz et je suis tout le temps déçu ». Etant donné qu’on vit dans une sorte de « dictature des chiffres », vas-tu jeter un coup d’œil à ton nombre de ventes ?

Hippo : Je me renseigne de temps en temps auprès de mon équipe mais ce n’est pas ce qui m’intéresse et me motive le plus. J’aime bien discuter avec mon public après les concerts et avoir des retours en direct, je reçois de l’amour, du soutien mais aussi parfois des critiques pertinentes, c’est comme ça que j’affine mon art, en restant proche de celles et ceux qui l’apprécient.

Cul7ure  : Autre question qui se rapproche un peu de la précédente : La plupart des artistes tentent d’être présents partout pour faire parler d’eux, toi en revanche, tu as toujours été relativement discret, quasi timide. C’est une volonté de ta part ou un hasard du destin ?

Hippo : Je suis une personne plutôt introvertie voire taciturne. J’ai besoin de me sentir à l’aise pour me livrer. L’écriture a des vertus thérapeutiques, la scène aussi. Le public, mon confident.

Cul7ure : Il est vrai que tu as l’air moins enthousiaste parfois même Triste sur l’album Terminus. Cependant contrairement à ce qui a pu être dit dans d’autres interviews, des notions comme la mort, la solitude ou bien d’autres thèmes moins joyeux étaient déjà présents de manière parsemée sur tes projets précédents (cf des titres comme Aurore Boréale). Est-ce dû à ton état d’esprit du moment ou bien c’est ce que tu recherchais pour boucler le triptyque ?

Hippo : Avant d’entamer l’écriture de cet album, j’avais déjà le concept du terrier et cette envie de mise à nu, de raconter des histoires plus personnelles en partant de mes émotions, sans maquillage, sans nez de clown, afin que l’on découvre l’homme derrière l’hippocampe.

Cul7ure : On connaît bien ton amour pour les jeux de mots et on ressent que tu prends un réel plaisir à raconter des histoires, est-ce pour ça qu’à l’origine tu avais opté pour le rap?

Hippo : J’aborde chaque chanson comme un court-métrage, je trouve un thème, un axe, un angle d’attaque, j’élabore un scénario puis je gambade dans un nouveau champ lexical en tâchant de proposer des textes imagés, riches mais digestes, avec ce qu’il faut d’assonances, d’allitérations, de métaphores, de jeux de mots, de double-sens et de punchlines. Écrire est aussi ludique que thérapeutique.

Cul7ure   : Dès la première écoute, on remarque aussi que l’album est beaucoup plus acoustique voire parfois jazzy comme sur le titre « Lent ». De qui t’es-tu entouré pour créer cette ambiance tout au long du projet ?

Hippo: C’est Max Pinto qui a composé les 2/3 de l’album et donné cette couleur jazz à l’album. Il a travaillé avec Beat Assailant et Ben l’Oncle Soul entre autres. C’est un brillant multi-instrumentiste dont le home studio est une caverne aux merveilles. Je suis allé le voir avec mon concept, mes envies et des références et il a composé chaque morceau en ma présence, ce qui était nouveau pour moi qui était plutôt habitué à recevoir des prods quasi-finis. Je me suis beaucoup plus impliqué dans la composition de cet album, je suis même à l’origine de certains thèmes musicaux (Dans le fond, Fallait pas rigoler, Pas le temps & Le mal du pays). Lucas Dorier et mon père Francisco Gonzalez ont également composé des morceaux (Trou et Mes voisins pour le 1er, Langue paternelle pour mon père).

Cul7ure : Tes enfants semblent être au centre de ta vie familiale mais aussi au cœur de ta musique, ils t’inspirent beaucoup dans le processus d’écriture ?

Hippo : Les enfants sont des punchliners, il arrive souvent qu’une phrase, qu’un mot prononcé par mes enfants m’interpellent et m’indiquent le chemin à suivre. Devenir père m’a fait beaucoup de bien, il n’y a pas de manuel, on apprend sur le tas, ça minimise l’égo, ça stimule la créativité, la compassion et l’altruisme. L’art m’est nécessaire, j’en ai besoin pour m’évader, mes enfants, eux, me permettent à la fois de revenir à cette époque où tout était nouveau et merveilleux – en (re)découvrant le monde à travers leurs yeux – mais ils me forcent aussi à être plus mature, plus conscient du temps qui passe et de ce qui compte vraiment.

Cul7ure : Et enfin, depuis Aquatrip (voire déjà avec les « Vidéo Rap« ), on sait que tu es un grand fan de cinéma, c’est pour quand le prochain film d’Hippocampe Fou dans les salles obscures?

Hippo : Des clips vont arriver dans un premier temps et je travaille aussi depuis un bon moment sur un nouveau projet qui va me permettre de mélanger mes passions, je n’en dis pas plus.

Merci à Hippo pour l’interview et n’oubliez pas que l’album Terminus est toujours disponible en physique et en digital. 

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