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Dinos - Hiver 2004

Photo de l'article : Dinos - Hiver 2004

Écrit le 9 octobre 2018 par Anne dans Coups de coeur

A l’occasion de la sortie d’Imany après 3 ans d’absence, l’équipe de Cul7ure est revenue sur la carrière de Dinos lors d’une chronique, relatant ses influences et son parcours au sein du rap français. De nombreuses chroniques sur son album ont été faites, démontrant la cohérence de ce projet; certains disent même qu’Imany est l’album de la maturité. Influences multiples, amoureux inconditionnel du rap français, Dinos a gardé son côté « je fais du rap pour les rappeurs » avec ses très nombreuses références présentes tout au long de l’album, notamment dans le morceau Les Pleurs du Mal, tout en réussissant néanmoins à élargir son public. Cette transformation s’illustre par le fait qu’il ait enlevé le substantif Punchlinovick de son nom d’artiste. Vous l’aurez donc compris, j’ai eu un véritable coup de cœur pour cet album mais ce n’est pas de l’album dans son intégralité dont je vais vous parler aujourd’hui mais d’un morceau qui m’a particulièrement touché sur ce projet, le morceau sur lequel j’ai actionné le bouton repeat de nombreuses fois : Hiver 2004

Hiver 2004 – Dinos

Ce morceau, à la première écoute m’a particulièrement plu pour cette phrase qui est pour moi le parfait résumé de la personnalité du rappeur : 

Je suis le quartier mais pas la rue

Hiver 2004 – Dinos

Rien qu’à travers le titre du morceau, on en apprend un peu plus sur les influences de l’artiste. En effet, il démontre que Dinos puise son inspiration dans des périodes précises de sa vie, périodes qui ont fait l’homme et l’artiste qu’il est aujourd’hui. Ce morceau ne se caractérise pas par ses sonorités particulièrement mélancoliques et, moi qui ait eu la chance de vivre ce morceau en concert, Dinos fait danser et sauter son public sur l’un des morceaux les plus introspectifs de son album, mélangeant réalité et regrets, histoire personnelle et vie de quartier. Ce morceau relie les thèmes de la famille, notamment lorsqu’il aborde le désarroi qu’il ressentait lorsqu’il voyait sa mère pleurer face au manque d’argent, l’absence de son père du foyer familial durant cette période; la religion également, expliquant sa foi lorsque l’on est catholique dans un milieu majoritairement musulman. La notion d’espoir est tout de même présente notamment avec la phrase : 

Mais ça ira mieux demain, même si je l’ai déjà dit hier. 

Hiver 2004 – Dinos

Il explique ainsi que malgré ses nombreuses déceptions et remises en questions, Dinos n’a pas perdu la foi ni en Dieu, ni en la vie malgré qu »il aborde également à travers ses lignes la notion de deuil qui est bien trop fréquent dans les quartier. Hiver 2004 c’est le récit d’un mec de quartier, pas d’un mec de rue. Il est conscient des réalités de ce milieu de vie sans pour autant les avoir toutes vécues personnellement. 

A mon sens, Hiver 2004 reflète parfaitement le projet que Dinos nous a livré cette année. En effet, comme je l’ai dit précédemment, de nombreux thèmes sont présents dans ce morceau que l’on retrouve en filigrane tout au long de l’album mais on trouve également des références au rap français : 

J’écoute Panthéon dans la nuit

Hiver 2004 – Dinos

Il fait ainsi évidemment référence au célèbre album de Booba qui semble avoir accompagné le rappeur pendant de nombreuses années de sa jeunesse. Ce morceau est, pour moi, un des morceaux qui établit une continuité entre Dinos Punchlinovick et Dinos, apportant ainsi une cohérence dans la discographie du rappeur car il allie technique et émotion, références recherchées et réalité universelle. Là où avant on pouvait reprocher au rappeur de délaisser l’émotion au profit de trop nombreuses références toutes plus recherchées les unes que les autres, Dinos a ici réussi à ramener une émotion tangible tout au long de son projet et notamment à travers ce morceau tout en gardant ses schémas de rimes et ses références. Dinos a épuré son style d’écriture et non simplifié ce qui amène une cohérence certaine voire incontestable dans l’ensemble de son œuvre. 

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